« Sao Polo : la première ville AD FREE. | Accueil | Pathétique veille à l'Élysée »

14.03.2008

Pourquoi certains bloguent-ils ?

Petit tour des utilités du blog pas inutiles quand beaucoup les cataloguent encore comme du journal intime en ligne, un exercice simplement narcissique dans la société de l'Egocast.

Cf pour rappel la chronique de Raphael Enthoven dans Philo Mag de mars 2008 : "Le blog? Le patronyme d'un rôt". "Quand on monte un blog, on se déshabille, on se raconte, on se peint sur la Toile... mais à la différence du romancier, le bloggeur ne s'expose jamais".

Deux métiers différents racontent leurs utilisations dans la presse de ce début d'année :

- les économistes dans Alternatives Eco du mois de Février 2008

- un créateur multimédia, Maurice Benayoun,  dans le numéro de Janvier/Février d' Intramuros.

Les blogueurs économistes mentionnent les utilités suivantes :

- "cela aide à ne pas devenir paresseux" pour Alexandre Delaigue du blog Econoclaste, sans que cela rapporte grand chose "c'est une sorte de bien public".

- Alimenter le débat

- Avoir un impact qualifié d'indirect, et qui irait au delà des chiffres d'audience "en particulier à travers l'usage qu'en font les journalistes des médias traditionnels" : source d'information, reprise des contenus...

Moins studieux, le créateur Maurice Benayoun a intitulé le sien Dump (pour Poubelle, Décharge) : il y poste chaque jour ses projets artistiques (scénographies, installations) refusées ou en attente,mais aussi des études en cours, des projets à l'état d'envie, des concepts non aboutis.

Il ne conçoit pas le réseau comme un support de diffusion parallèle, mais une réserve, "une assurance retraite de créativité". Son blog a pour objectif d'assurer une deuxième vie aux projets, s'ils en ont le potentiel. Les projets "dumpés" sont notés par les internautes, et les plus remarqués gagnent le droit de sortir du purgatoire.

Il a étendu sa formule à d'autres créateurs en ouvrant un dump collectif : Open Dump. L'open source appliqué à la création. La suite peut être réalisée librement par tout artiste qui souhaite reprendre et continuer un projet.

Le blog n'est pas prêt de disparaitre ; il fait parti du paysage. Comme les médias traditionnels, ils seront jugés sur la qualité de leur contenu, leur pertinence, et en tant que médias numériques, aussi par la qualité de l'interaction proposée, de la conversation ouverte.

Les blogs sont définitivement parmi nous. Il faudra le dire aux Enthoven et cie : le monde des idées est ouvert.

Posted by ntiourtite on mars 14, 2008 at 05:46 PM dans blog, blogging | Permalink

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/6465/27098488

Voici les sites qui parlent de Pourquoi certains bloguent-ils ?:

Commentaires

Voilà un post bien intéressant au titre vraiment accrocheur, une mise en abîme ambitieuse. Si Enthoven se disperse dans un débat d'arrière garde, je pense que Benayoun "égotise"sur la philosophie collaborative d'Internet. L'artiste a une responsabilité, justement celle de porter un projet et de l'accomplir. "Une assurance retraite de créativité", un concept publicitaire plus qu'un acte de foi. Depuis quand l'artiste épargne-t-il ? Devient-il un petit épargnant qui mesure chaque mois les recettes de son livret Art ? S'il est un marché de l'art, celui-ci n'a de prise que sur des oeuvres abouties. L'art naît dans le risque, l'accident, une oeuvre en inspire une autre comme un jeu de domino, il n'y a pas de remède à trouver au contraire de la science où les concepts, les calculs se choquent pour conduisent au vaccin. Il n'y a rien ni personne à guérir. Je préfère de loin la conclusion plus humble que la posture de la décharge, celle de de l'économiste qui signe sur les blogs ceci : "cela aide à ne pas devenir paresseux". Courage, postons !

Rédigé par: cyrille | 15 mars 08 13:01:06

Je tombe par hasard sur ce blog et ce post et j'aurais réagit de la même manière si j'avais fait la confusion entre la chose et le commentaire. Ce qui semble être le cas. Un jugement sans examen. N'est-ce pas là la limite du blog quand on en reste à la lettre et qu'on oublie que ce n'est qu'une surface de rebond. Mais ça fait plaisir quand les questions intentionnellement posées par un travail sont reprises pour le mettre en cause.
Courage, lisons
maurice benayoun

Rédigé par: maurice benayoun | 19 mars 08 12:36:56

Poster un commentaire