Le Free Cone Day est un événement annuel de l'entreprise depuis 1979 pour fêter l'anniversaire de l'entreprise. Cette année, il s'agit du trentième anniversaire. La date n'est pas fixe, c'est en avril en général et il faut avoir l'anniversaire en tête pour ne pas rater cette journée de distribution de glace dans Paris (sans doute ailleurs aussi mais je ne sais pas). Et parfois, on avait la surprise de croiser dans la rue, sans l'avoir en tête, des stands où des glaces étaient distribuées. C'était une jolie opération, où la glace était libre, gratuite, abondante, non-contingentée... Cette opération reflétait la douce/généreuse folie de cette marque dont l'un des fondateurs n'avait pas hésité à participer à la création de True Majority après le 11 septembre. Une marque en avance sur les autres par les goûts de ses glaces, avec une forte dimension sociale dès les années 80. Depuis 2000, Ben & Jerry's a été racheté par Unilever.
À la place de ce très beau nom : 100 000 glaces, ce côté comptable m'a un peu glacé. Il fait perdre toute poésie à cette opération.
Je suis allé sur le site de l'opération pour voir. Même déception, de la soupe avec une compilation Béatrice Ardisson, un partenariat avec les Virgin Megastore, marque à l'univers très éloigné de Ben & Jerry's dans ma perception.
Où est partie l'inventivité des fondateurs ? Où est partie la gratuité, la liberté ? Offrir des morceaux de musique à cette occasion, c'est dénaturer l'opération me semble-t-il. Cela valait-il le coût (coup) de dénaturer cette opération pour collecter des mails ? Quel est l'intérêt de déclasser cette marque en l'accolant à une autre pour son anniversaire ? Dans un autre contexte, ce dispositif me paraîtrait plutôt intéressant, ici, il dénature l'anniversaire d'une marque mythique.
Le concept a fait beaucoup de bruit en 2007 : nouvelle fabrique et grille de lecture de la communication politique, et de la com tout court. Christian Salmon sortait un livre qui dressait un état des lieux du concept (sa genèse américaine, son fonctionnement) et de ses manifestations dans la campagne présidentielle. Un chapitre entier était consacré au décryptage de la "geste" sarkozienne.
Un an plus tard, la pub investit le terrain, a minima dirons-nous. Il semble que tout slogan 2008 dans la zeitgeist se doit d'insérer le mot histoire. Kickers, Paris Match et 20 mn nous promettent toutes 3 des histoires. Est-ce que cela suffit à faire de la marque un territoire narratif, un récit engageant, impliquant ? Ce qui s'y donne à lire clairement cependant, c'est le nouvel impératif : mobiliser, immerger, aller au delà de la projection et du rêve.
Ces jours derniers, beaucoup de commentateurs politiques (comme Jonathan Alter sur le site de Newsweek, Marc Ambinder sur son blog ou encore sur le site de Slate) se sont amusés à calculer le total final des délégués des deux candidats démocrates encore en lice en fonction des résultats possibles des primaires restant à disputer. Résultat: même une double victoire de Clinton au Texas et dans l'Ohio suivie de scores très favorables dans les douze autres primaires qui auront lieu d'ici à début juin ne permettraient pas à Hillary de passer devant Obama au nombre de délégués en bout de course. Certes, il restera ensuite quelque 800 superdélégués qui se décideront pour l'un ou l'autre candidat au moment de la convention démocrate qui se tiendra fin août prochain, à Denver. Mais on les voit mal favoriser la nomination d'une candidate arrivée en deuxième place au total des votes des électeurs. Pour le dire plus crûment (en réservant l'hypothèse improbable mais non nulle d'une catastrophe politique s'abattant sur Obama): tout l'enjeu de cette soirée électorale est de savoir si Hillary Clinton va perdre maintenant ou plus tard.
Verdict note2be : une décision, beaucoup de questions
Je n'étais pas en France au moment de la polémique sur note2be.com et je suis revenu un peu étonné de cette agitation. Mais les questions liées à l'enseignement sont toujours très sensibles en France. Le retour programmé de Claude Allègre devrait utilement nous le rappeler... Passons.
Dans ses motivations, le tribunal a notamment fait valoir que "l'exercice des libertés d'information et d'expression a pour limites qu'il ne porte atteinte aux activités d'enseignement".
D'où vient cette limite aux libertés d'information et d'expression ? Au nom de cette limite, pourquoi les dossiers marronniers des hebdomadaires ne sont-ils pas concernés ?
Il a aussi souligné que "la mise à disposition d'un forum de discussion, sans modération préalable à la publication, n'est pas sans présenter en cas de développement exponentiel de la fréquentation de ce site, des risques sérieux de dérive polémique".
Là, on va devant un sacré problème... En effet, l'absence de modération a priori protège les éditeurs de sites, les blogueurs, les hébergeurs... Si la justice impose maintenant une modération a priori, comment faire ?
Il me semble que d'autres sites d'évaluation de professions libérales par exemples se sont déjà lancés en France sans entraîner de recours, dans l'article du Monde, il y a un lien vers un site d'évaluation des médecins. Tous ces sites s'hébergeront-ils hors de France pour exister ?
Le traitement médiatique ne semble pas supporter la coexistence. Un phénomène chasserait l'autre. Il faut créer l'info, la rupture, la brèche qui invite à savoir, à réactualiser ses tablettes.
Un processus à l'oeuvre après Second Life, Myspace, Twitter, aujourd'hui pour Facebook : le Killer network du moment qui va tous les remplacer, surtout Myspace d'ailleurs. Ce sont les deux frères ennemis du moment dans la légende à l'oeuvre du farweb.
Personnellement, je penche pour une complémentarité.
Myspace agit fortement comme un show room virtuel. Les espaces y sont personnalisés : layout, background. Chaque compte est une vitrime avec son style, ses couleurs. Le premier truc qui saute aux yeux, c’est justement la production de la personne. On est chez les artistes.
Alors que Facebook, c’est uniformité et simplicité. On ne te demande pas d’y faire preuve de talents ; on est tous logés à la même enseigne côté graphisme. Donc pas de concurrence d’ego, les gens y vont rassurés, simplement pour se connecter avec leurs potes ou d'adonner au "casual gaming". Y a pas le côté mise en scène de myspace qui en tenait plein éloigné : les anti-snobs, les modestes, ceux qui pensent qu'ils n'ont rien à dire...les bataillons d'humbles qui ne cherchent pas de surplus d'existence online.
Facebook sera donc plus large et myspace plus spécifique. Auj c’est un peu ça. Pour les découvertes artistiques, Myspace reste la référence. Cf SOKO la prochaine révélation myspace. C’est la plateforme de lancement des nouveaux talents.
Ma synthèse : Facebook, plateforme des amis Myspace, plateforme des talents
Les secrets du Buzz. Petit tour du web du Howtobuzz
Dans la liste des analyses fin 2007, le buzz fut un item incontournable. L'occasion de remplir la musette de pleins d'astuces. On ne s'étonnera pas que la majeure partie des sources soient anglo-saxonnes : le howto est un exercice national ; on ne craint pas de livrer ses secrets. On privilégie la mise en scène de l'expertise.
Pour ce premier tour de piste, les recommandations de Skelliewag.
Voici une petite synthèse des ses recommandations :
1. produire un contenu en lien avec l'actu chaude du moment.
2. Annoncer dès le titre une forte promesse de contenu : - Liste des astuces imparables pour faire buzzer - La liste des sujets les plus chauds du moment pour faire exploser votre pagerank
Autre avantage des listes : être controversées. Tous les lecteurs ne seront pas d'accord sur les suggestions, et un débat s'ensuit.
3. Offrir de la valeur. Ce qui manque le plus souvent auj. L'internaute est juste invité à consommer un contenu. La valeur peut être de savoir, de divertissement ; mais elle doit être nette et forte. L'internaute doit se sentir gratifié, avoir la sensation de recevoir un cadeau. La question à se poser : où est le cadeau, où le bonus, la surprise dans l'oeuf ?
4. Offrir un service, et en parler. Ex. offrir une presta gratuite aux lecteurs du blogs. ex. pour un designer, offrir un logo à ces lecteurs. ou encore pour un blogueur, recevoir des invités.
Ce qui m'a intéressé dans son analyse: le positionnement du contenu tient une belle part dans ses
recommandations, ainsi que la valeur ajoutée. Une affirmation pas
anecdotique face à des campagnes de plus en plus nombreuses réduisant
le buzz à une campagne humoristique ! "Internaute qui rit, Internaute
dans ton buzz"...me parait une formule aussi courte que l'original.
Premier film de Julie Delpy nous annonce en choeur les journaux.
Julie Delpy, mis à part le fait qu'elle est une actrice, plus encore une figure, que je trouve dans le paysage artistique français riche, et inclassable, libre et talentueuse dans ces explorations, agit ici comme révélateur de la paresse de la presse.
Car non, ce n'est pas son premier film. Elle est co-scénariste de Before Sunset avec Ethan Hawk. Elle a aussi réalisé un premier film très art et d'essai, qui aurait pu tout aussi bien être tourné par Jim Morrisson, film que j'ai pu voir dans une salle parisienne il y a quelques années.
Par ailleurs elle chante, Toujours avec cette présence décalée, personnelle, suave et maladroite, diaphane et résistante. Une figure de Boticelli bien dans notre époque.
En conclusion, elle méritait des papiers bien plus approfondis que l'angle jeune actrice qui passe derrière la caméra.
De Mme la consommatrice avec Monsieur le publicitaire.
The Break Up Bien exprimé dans cette campagne d'une solution Microsoft pour la pub.
Mise en scène d'une crise de couples, des phrases qui resonnent. Après tout il est question de dialogue et de relation, et d'un peu de magie : "you are not listening" on ne va plus dans les mêmes endroits. etc.
Ca dit bien la simplicité et la difficulté de l'exercice : sauver la pub, sorcier comme l'amour !
Débat sur Internet : fausse bonne idée de l'année ?
Fascinant, cette propension des zélateurs du Cinquième Pouvoir, à vouloir n'être que des reproducteurs du Quatrième et à se positionner uniquement par rapport aux politiques, i.e. aux pouvoirs exécutif et législatif si on reste dans cette distinction. À part, par des blogueurs émérites, le pouvoir judiciaire est épargné pour l'instant.
Organiser un débat des candidats sur Internet pour quoi faire ? Reproduire les plateaux télé des soirs d'élection avant l'heure ? Remplacer la télé car les candidats au premier pouvoir et les représentants du quatrième ne se sont pas mis d'accord pour organiser un tel débat ? En quoi, un tel débat serait-il obligatoire ? Créer un carrefour d'audience unique de l'élection avec ce "débat", appelons-le par son vrai nom, cette émission ? Ne trouve-t-on pas sur Internet une multiplicité de contenus politiques produits par les candidats, leurs zélateurs, leurs critiques ? Ne trouve-t-on pas des outils divers pour se renseigner sur les programmes des candidats ? Pour se positionner par rapport à eux au moyen de questionnaires divers ?
Plus profondément, autant l'initiative de François Bayrou a un sens politique pour essayer de rebondir dans la campagne : suppression de l'ENA, débat sur Internet avec les quatre principaux candidats sont des ingrédients du début de sa campagne. Soit. Autant le relais ou même l'émergence d'une telle idée au sein des thuriféraires du cinquième pouvoir me laisse profondément perplexe. Un débat, indépendamment de sa forme innovante ou pas, restera un objet audiovisuel. Il ne serait pas possible de le diffuser en direct en vidéo sauf à engager des frais très très conséquents. Où serait l'interactivité d'un tel débat ? Comment les questions seraient-elles sélectionnées ? Par un "sondage" comme Agoravox sait en faire, encore plus tordus que les sondages des instituts de sondage ? N'oublions pas que ces "sondages" sont très manipulables par les équipes des candidats, ne soyons pas naïfs.
Tout ça, pour ça, pour vouloir être un média alternatif à défaut d'être un pouvoir ? Mais un média alternatif, qui, par sa proposition, ne serait qu'un média, qu'un supplétif d'une lacune supposée de la télé. À pousser la logique, comment aurait-il fallu faire s'il y avait eu plus de 12 candidats, disons 20 comme en 2002 ou disons plus comme l'y appelait la pétition pluralisme.org ? Les candidats auraient-ils dû consacrer leur campagne aux débats entre eux, tout le temps, sans fin, sans faire campagne ? Aurait-il fallu les enfermer dans un "loft débat" pour permettre ce débat continuel ?
Petit paradoxe complémentaire, les zélateurs du pluralisme, les critiques de la compromission médiatique, de la part excessive accordée aux "gros" candidats avant la campagne officielle sont maintenant les critiques des règles de défense de la pluralité.
Je croyais qu'Internet, c'était le pouvoir des individus, la parole des individus y compris pour la politique, n'était-ce qu'un leurre ? Les citoyens, l'agora ont-ils besoin de leurs jeux du cirque pour être repus, pour pouvoir voter, se décider ?
[Disclosure : J'ai été consultant pour l'UMP notamment de 2002 à 2006, depuis janvier 2007, je fais autre chose. Je pensais librement avant et c'est toujours le cas.]
Le titre est exagéré. Mais Radio Blog, c'était mon chouchou à moi. J'adorais, à partir d'une recherche, partir à la découverte d'un univers musical nouveau, tomber ainsi sur le dernier tube des Klaxxons, un vieux refrain de Bourvil ou Amsterdam repris par Bowie. Le google de la musique, de la belle sérendipité !
Ça faisait 15j qu’ils étaient menacés. Le couperet est tombé.
C’est tout benef pour Myspace, qui va devenir la plateforme musicale sans problème de droit vu que ce sont les artistes eux-mêmes qui y postent leurs contenus. L'espace de l'autopromo officiel ! Il me reste Last fm et Pandora; Pour combien de temps encore...
Malheureuse chère chérie a commandé une nouvelle alimentation pour son ordinateur portable, le 8 février. Le site annonçait alors une livraison 2 jours après. Ensuite, un mail annonçait la livraison le 19 février. Depuis, nous avons reçu la facture par courrier, merci Dell, mais rien d'autre et pas d'explications.
Il faudra peut-être plus que le retour de Michael Dell et Idea Storm pour regagner la confiance des consommateurs avec un tel service...
Nous ne sommes pas très actifs ici mais nous vous dirons vite pourquoi.
Une petite note en passant pour noter que depuis ce matin, le RJVR - trop méconnu Rassemblement des Jeunes pour la Vème République - pollue à droite à gauche (ici, chez Petites Phrases) avec un très long commentaire intitulé : "La France mérite mieux ! Appelons la candidature de Dominique de Villepin !"
Je sais que je joue leur jeu en le bloguant mais c'est tellement stupide cette pollution que je voulais leur rendre hommage.