12.04.2006

Essembly, un myspace dédié à la politique. Est-ce que c'est neuf ?

En 2004 autour de la campagne de Howard Dean, on avait vu émerger des réseaux sur Friendster, MeetUp qui ont permis à ses partisans d'entrer en relation les uns avec les autres, de lancer des actions, de lever des fonds... a priori pas de révolution sur la scène du web politique avec l'arrivée d'Essembly.

Là où une nouveauté intervient cependant, c'est qu'Essembly est une plateforme de réseau social en ligne, complètement dédiée à la politique, et qui se veut non partisane. Ce n'est pas un espace ou un groupe constitué au sein de MySpace ou Friendster au service d'un candidat.

Son promoteur, Joe Green ( ancien de la campagne de Howard Dean, qui a partipé aussi au développement de FaceBook a le souci de lancer un réseau qui fédère autour de l'intérêt large pour la politique. Le postulat de départ : "labels like "liberal" and "conservative", "Democrat" and "Republican", had deeply divided and polarized Americans, limiting the potential for constructive political discussion", c'est à dire dépasser une bipolarisation de la vie politique américaine jugée artificielle et simplificatrice .

C'est l'idée de cet espace non clos qui est intéressante : il ouvre la possibilité de se confronter aux idées d'autrui, de s'identifier et s'opposer non plus sur la base d'appartenances partisanes, qui n'autorisent aucune nuance, mais sur la base de positions et de valeurs.

Et comme outil de campagne, un tel espace est un lieu idéal pour convaincre l'autre, faire basculer les réticents, les indécis, au contraire des espaces partisans formidables outils d'action, mais qui trouvait là leurs limites. On y prêche forcément des convaincus ; les débats finissent en arguties ; on y résoud à l'extrême marge les désaccords mineurs qui apparaissent au sein de la position commune.

Avec Essembly, il semble qu'on se rapproche d'un espace de débat politique au sens d'Habermas, avec une éthique de la discussion : l'ensemble des jugements sur les valeurs et propositions peuvent se faire entendre en son sein.

Comment ça marche ?

Après inscription, j'accède à un espace d'accueil, où on me demande de donner mon avis sur un certain nombre de "propositions politiques et/ou de société". Ces réponses serviront à déterminer mon profil idéologique, qui n'est pas défini en terme de libéral/conservateur ou démocrate/ républicain. En fait, il n'y a pas de définition a priori de ma famille politique.

Exemple des propositions soumises au vote ( à entendre dans le contexte américain) : moins de contenus violents à la télévision, le droit de lancer des guerres préventives, une protection sociale pour tous, etc.

A moi ensuite de qualifier plus avant mon profil. A noter, il est prévu une catégorie "information de vote" pour y préciser ma circonscription.

Comme pour tous les autres réseaux sociaux, je peux également y ajouter ma photo, y rédiger une petite bio.

Une fois inscrit, qu'est-ce qui s'ouvre à moi :

1- la possibilité d'entrer en relation avec les autres, et ce sur la base d'un "taux de proximité idéologique". Cette proximité idéologique y est fonction des réponses fournies aux propositions et non aux catégories classiques de la vie politique. Dès que je clique sur un profil, il m'est indiqué notre % de réponse commune. Un moteur de recherche me permet d'identifier tous les membres et groupes proches de moi, mais ainsi que ceux radicalement opposés.

2- Je peux moi-même soumettre des propositions aux votes.
Une barre donne en temps réel la répartion des pour et contre.

Image 4

Quand vous avez voté, une fenêtre commentaire s'ouvre vous invitant à expliquer votre position. Un débat ainsi s'entame entre les anti et les pros.
On est loin des contributions partisanes où l'on se congratule de penser si bien ou encore de l'opposant égaré qui part dans une diatribe colérique au mieux, insultante au pire.

3. La plateforme autorise permet aussi l'ouverture de salons privés pour poursuivre en comité restreint des conversations, ainsi qu'un module de messagerie qui prévoit l'adressage en nombre de mails... mais aussi de sms.

Essembly compte aujoud'hui 6891 membres. Ils étaient 4000 à la mi mars.

Posted by ntiourtite on avril 12, 2006 at 07:08 PM dans campagne(s) 2005, campagne(s) 2006, campagne(s) 2007, démocratie, mobilisation, politique | Permalink | Commentaires (3)

27.12.2005

Ma campagne au Canada (2): Wikipedia

Mon homme politique sur Wikipedia.

Aujourd’hui, les citoyens aiment à googliser les candidats à l’élection pour affiner leurs choix. Et la bio du candidat est parmi les éléments les plus recherchés. (Chiffre un peu daté mais éclairant : dans 1999 Democracy Online Project Poll, les internautes à la recherche d’informations politiques aux USA sont 63% à rechercher des informations biographiques. Source : The Civic Web de D.Anderson et M. Cornfield, Ed. Rowman & Littlefield)

C’est là que ça devient gênant quand pami les bios bien référencées, très accessibles, se trouvent des versions juste assez perfides, pour maintenir l’impression d’une bio officielle et ne pas faire fuir le lecteur à la recherche d’information neutre, de base. Le fiel opère ainsi ni vu ni connu.

C’est ce qui se passe pour un certains nombres de candidats lors de ces élections fédérales canadiennes sur Wikipedia. (Source : Ian MAc Leod dans "The Ottawa Citizen" du 10 décembre)

Petits exemples de bios « sympas » :

Cheryl Gallant

Deborah Coyne

On s’aperçoit, côté Français, que celle de Laurent Fabius est pas mal non plus.

La critique, la prise de position y est de manière générale insidieuse. Elle apparaît au détour d’un paragraphe : via une anecdote l’air de ne pas y toucher, dans le choix d’un mot à la connotation négative.
Le durcissement des règles de contribution de Wikipedia ne devrait pas y changer grand chose, puisque elle n’interdit que la contribution anonyme.

A donner des sueurs dans le dos à certains de nos politiques en vue de 2007.

Posted by ntiourtite on décembre 27, 2005 at 07:04 PM dans campagne(s) 2005, démocratie, mobilisation, politique | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack

Ma campagne au Canada (1): Blogs

ImagesAilleurs dans la blogosphère politique. Au pays de l’Erable…

Le Canada est en pleine campagne pour les élections fédérales, ce jusqu’au 23 janvier jour du scrutin.

C’est la première fois que les partis font un usage direct des blogs. L’accès aux blogs est d’ailleurs prévu depuis leur site officiel.
Deux approches différentes pour les deux principales forces du pays :
- Une logique « d’entertainment » très US pour les libéraux, avec pour objectifs de séduire les jeunes. (Source The Edmonton Journal du dimanche 11 décembre 2005).On n’hésite pas à se moquer du candidat lui-même, de ses tics de langage. Et c’est écrit par Scott Feschuk, le propre speechwriter du candidat.
- Côté conservateur, le blog sert principalement à étayer les argumentations, et à critiquer le moindre faux pas des libéraux.

Pourquoi cet investissement par les partis fin 2005 ?
Selon Feschuk, le nombre de lecteurs de blogs auraient atteint une taille suffisamment critique pour justifier cet engagement, ce qui n’était pas le cas avant.  (Source The Edmonton Journal du dimanche 11 décembre 2005)
L’adoption se motive donc par la masse atteignable et pas encore par les potentialités de l’outil. De manière générale, la blogosphère canadienne est également frileuse ; elle ne pousse pas très loin les usages. Les commentaires sont très peu autorisés, et quand ils le sont, ils sont strictement modérés. Ce n’est pas encore le lieu du « droit d’interpellation citoyen » généralisé.

Par contre, il est intéressant de revenir sur le positionnement original du blog des libéraux intitulé Blackberry Blog. Il raconte la campagne au fur et à mesure des étapes en postant les billets depuis son BlackBerry. Dans ses chroniques, il n’hésite pas à railler le candidat Paul Martin, Premier ministre fédéral, à faire état de ses piètres talents de danseur, de pointer ses tics de langage.
Il assume totalement les codes de la blogosphère : ton et opinion personnel, chronique un peu décalée de l’événement. Cet usage pas conventionnel suscite des réactions variées chez les blogueurs politiques outre atlantique. Mais il séduit complètement les jeunes en leur apportant un regard différent sur le déroulement d’une campagne, en la restituant dans son caractère vécu. (Source cf.Supra)

En face, Yaroslav Baran ; conseiller en communication des Tories  revendique une démarche sérieuse : le blog n’est pas un lieu de divertissement, mais un lieu pour « vendre » leurs candidats, leurs idées. Et justement, ce « blogue de campagne », trop institutionnel, génère moins d’enthousiasme. Petit exemple de la fadeur de la prose : « Nous avons obtenu des réactions très favorables des agriculteurs de l’endroit, qui se sont rassemblés très tôt, en ce matin très frisquet, pour écouter ce que Stephen avait à leur dire. L’un d’eux a même fait tout le trajet depuis l’île Pelée. Il semblait très heureux de pouvoir donner la main à Stephen (Harper, le candidat Tory) avant qu’il monte à bord de l’autocar. ».

Pour un usage plus conforme aux codes de la blogosphère, on peut aussi se reporter aux blogs des candidats locaux. Par exemple celui de Richard Mahoney, qui pratique aussi une réelle autodérision, fait dans la chronique de campagne de terrain et n’hésite pas à raconter ses activités extra politiques : comme son goût pour la scène Rock.

Posted by ntiourtite on décembre 27, 2005 at 06:55 PM dans campagne(s) 2005 | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

09.12.2005

De l'expression politique sur les blogs en France : une très bonne analyse de Nicolas (Versac)

Je n'ai pas l'impression qu'on arrive toujours à bien raisonner sur ce que sont les blogs en France même (et pourtant, moi-même, je suis venu aux blogs par les blogs américains). Après tout, aux US, si les top 100 bloggers sont très politiques, en France, on reste dans un usage (il n'y a pas de top 100 disponible à l'image du top 100 technorati ou du ttlb) extrèmement mixte, et surtout drivé par un usage très diariste (les skyblogs). Et il ne s'agit pas que d'un retard dans la pratique, mais d'un rapport différent à l'expression publique et au militantisme, aussi.

Celà veut dire que, au-delà de la constitution de réseaux de bloggers proprement politiques (de sujet politique), la résonance, autour des sujets de société, se fera par l'expression de dizaines de milliers de personnes qui, d'habitude, ne parlent pas des sujets de société ou de la chose publique. Un peu comme lors du referendum, où le gros de l'expression sur le sujet s'est faite entre deux billets sur la choucroute ou un chagrin d'amour.

Lu ici chez Versac

Posted by xmo on décembre 9, 2005 at 09:27 AM dans blog, blogging, campagne(s) 2005, mobilisation, politique | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

16.09.2005

Non-campagne Internet au Japon

Intéressant article sur le site du Forum e-démocratie sur la campagne électorale japonaise.

Il y est expliqué qu'il ne peut pas y avoir de campagne Internet car Internet n'est pas autorisé par la loi électorale japonaise... Frappant de voir le décalage entre la classe politique et la société au Japon. La loi électorale n'a pas été réformée il y a trois ans pour préserver les intérêts des partis de vieux pour le dire plus crûment que sur le site du Forum... Je ne lis pas le japonais mais je me demande comment les bloggers et les internautes couvrent la campagne. Si quelqu'un a des informations...

En complément, un billet intéressant de Joi Ito sur l'adoption des blogs par la société japonaise et le scepticisme envers ce phénomène. Il explique notamment qu'il a entendu une publicité sur une radio invitant les auditeurs à poster des commentaires et envoyer des trackbacks... Nous n'en sommes pas encore là en France...

Posted by xmo on septembre 16, 2005 at 10:23 PM dans blog, blogging, campagne(s) 2005, démocratie, mobilisation, politique | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

01.09.2005

Reprise en douceur

Loïc pointe vers un article de Netéco sur la législative partielle nancéenne.

Les deux principaux candidats de cette élection partielle : le candidat UMP, Laurent Hénart et le candidat PS officiel, Mathieu Klein ont tous les deux des blogs. À ma connaissance, c'est la première fois que cela arrive. Les deux blogs semblent écrits par les candidats eux-mêmes, c'est donc possible ! ;o)
Quant à s'interroger sur l'influence sur la campagne, restons modestes et soyons déjà heureux de l'existence de ces deux blogs. Pour Laurent Hénart, il faut noter que ce blog vient en plus d'un site de campagne. Cette présence sur Internet lui donne trois réponses sur dix sur la première page de Google ce qui est bien. Mathieu Klein a aussi un site de campagne.

Intéressant de noter tous ces efforts déployés sur Internet pour une législative partielle. Renouvellement des générations car les deux candidats sont jeunes et Internet leur paraît être un moyen d'expression naturel ? Media adapté à une campagne courte ?

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Bon, j'ai finalement pas mal écrit pour une reprise. Dès que j'ai le temps, je me lance dans les brouillons d'Ecto de cet été. Bonne rentrée à tous !

Posted by xmo on septembre 1, 2005 at 03:07 PM dans blog, blogging, campagne(s) 2005, mobilisation, politique | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

21.06.2005

State Machine

Via Eyebeam reBlog

Statemachine

State Machine permet de visualiser au moyen de cercles représentant les sénateurs (bleus = démocrates, rouges = républicains) les contributions financières reçues de la part des groupes de pression. Les groupes de pression sont symbolisés par les croix vertes. Les cercles sont proportionnels à l'importance des montants reçus.
En cliquant sur control panel en bas à gauche, vous pouvez personnaliser les données en fonction des groupes de pression, afficher la fiche de chaque sénateur, ...
Les données sont issues du site opensecrets.com.

Impressionnant et instructif...

Attention le premier chargement est un peu long.

Posted by xmo on juin 21, 2005 at 05:09 PM dans campagne(s) 2005, démocratie, politique | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

14.06.2005

onavaitditoui.com

C'est marrant, jeudi et vendredi, je disais lors de l'université de printemps de la FING que je n'avais pas vu d'initiatives du type Sorry Everybody

Sorryworld1

(un site où des Américains se photographiaient après la réélection de George W Bush avec un papier "Sorry") après le non français alors que le sujet s'y prêtait.

Ce site a d'ailleurs entraîné une réponse amusante : Apologies accepted. apologies accepted

Ce week-end, je suis tombé sur On avait dit oui qui reprend le principe de Sorry Everybody en le citant d'ailleurs. Intéressant de voir le devenir de cette initiative.

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Posted by xmo on juin 14, 2005 at 07:22 PM dans campagne(s) 2004, campagne(s) 2005, mobilisation, pics, politique | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

11.06.2005

Quelques mots sur l'université de printemps de la FING

Juste quelques mots pour évoquer l'atelier "Innovation sociale et pratiques politiques" et l'université de printemps.

Merci à Maurice Ronai et à la FING pour ces deux jours passionnants.

Lors de l'atelier, nous avons dressé un rapide tableau du champ politique sur Internet allant des campagnes politiques (notamment Dean et la campagne référendaire), à l'organisation grâce à Internet des Forums sociaux mondiaux et notamment de leurs programmes jusqu'à la e-démocratie locale.
Il était aussi très intéressant ensuite de voir la viralité autour de cet atelier jouer pendant les deux jours...

Le reste de l'université de printemps dont le thème était l'innovatation fut captivant et stimulant dans un cadre magnifique (La Baume) qui ne gâchait rien mais j'y reviendrai.
Je vais aller corriger des copies en profitant du soleil rouennais (si, si, cela existe... :op)

Posted by xmo on juin 11, 2005 at 03:18 PM dans campagne(s) 2004, campagne(s) 2005, démocratie, mobilisation, politique | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

03.06.2005

Demain conseil national du PS

Je ne sais pas ce qu'il se passera demain au Conseil national du Parti socialiste mais, le Nouveau Parti Socialiste n'a visiblement pas l'intention de faire de la figuration. Depuis dimanche il a écrit deux fois (en fait trois mais avec un double envoi html/texte) aux abonnés de sa lettre d'information dont une fois dans la nuit de dimanche à lundi. Le NPS est le seul au sein du PS à avoir communiqué pendant la semaine sur Internet cette semaine à ma connaissance.

Posted by xmo on juin 3, 2005 at 04:52 PM dans campagne(s) 2005, mobilisation, politique | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack